Quelques semaines plus tard, Alfa perd un procès contre la société Saiwa, fabricante d’un biscuit du même nom.Le badge disparaît. Le nom devient juridiquement inexistant. La voiture continue. Officiellement, elle devient simplement Alfa Romeo Spider. Officieusement, elle restera Duetto pour toujours. Et cinquante ans plus tard, on se retrouve au volant d’une voiture qui a perdu son nom… mais jamais son charme à l’italienne… Il ne s’en fallait pas plus pour qu’on appelle à la rescousse notre pote David Marvier afin de nous suivre dans cet essai et de faire une série de photos bien beauf’ comme il se doit. Malheureusement tu es en train de lire un média qui n’a pas beaucoup de jugeote, donc qui dit Italie, dit spaghettis
L’évolution du Spider en short
1966 : élégance et mécanique
Plateforme de Giulia.
Quatre cylindres double arbre en aluminium.
Freins à disque aux quatre roues.
Boîte 5 rapports.
En 1966, cette caisse fait figure de vraie sportive latine qui attaque les anglaises MG ou autres Triumph sur leur propre terrain de jeu.
La base est saine. Le dessin est juste. La mécanique efficace sans être gourmande en essence. La recette va durer presque trente ans.
Le procès du biscuit
Janvier 1966. Alfa annonce officiellement le nom de sa nouveauté après un appel aux idées de ses employés. Ça sera “Duetto”.
Le problème, c’est qu’à l’époque Duetto, c’est déjà le nom d’un petit biscuit fourré au chocolat et aux noisettes…qu’on peut toujours acheter d’ailleurs dans toutes les stations-service italiennes quand tu tapes un petit Road trip.
L’entreprise qui fabrique le biscuit attaque en justice.
Alfa rigole…
mais Alfa perd.
Le nom disparaît rapidement des brochures.
Les premiers exemplaires déjà produits conservent toutefois le badge ce qui monte quelque peu la cote de ces véhicules vers le haut.
Et pour les passionnés Alfistes elle ne changera jamais de nom. La Duetto reste la
Duetto.
50 ans plus tard : le verdict de la route
La version essayée ici est une fin de Série 2 européenne 2000 à double Weber. On part de Bordeaux direction le « bassin » comme disent ces gens étranges que sont les Bordelais, qui font leurs courses avec des « poches » et vont acheter à la boulangerie des « chocolatines » avec des vélos électriques et ce qui ressemble à l’avant à une sorte de benne à ordures, mais dans laquelle ils mettent leurs enfants (dont les prénoms ont souvent été volés à leur arrière-grands-parents du genre Lucien, Marceau ou Constantine…
Bon, on s’égare… Revenons à la caisse…
1 962 cm³.
132 ch à 5 500 tr/min.
Deux carburateurs Weber 40 DCOE horizontaux.
Boîte 5.
Pont arrière rigide.
Environ 1 050 kg.
Bon ok…On sait que parmi vous les plus futés vont faire semblant de comprendre et les autres vont se sentir abrutis, ce qui est sans doute le cas donc on vous explique ça comme si tu avais l’âge mental d’un enfant de cinq ans, ce qui est sans doute le cas :
En gros, c’est un moteur qui respire bien. Qui aime monter dans les tours. Et qui devient intéressant quand on le fait travailler. Sous 3 000 tours, il est calme. À 4 000, il se tend, la caisse vibre et entre 4 500 et 6 000, il chante. Ce n’est pas brutal. C’est doux mais ça semble parfois sans limite. Tu as l’impression qu’elle se met soudainement sur un espèce de tapis volant qui pourrait t’emmener au-delà du raisonnable.
Pour le reste, évidemment on est sur de l’authentique. Direction non assistée, précise en mouvement. Boîte ferme, qui demande un vrai geste. Train arrière rigide qui rappelle qu’on est en 1978 quand la route se dégrade.
0 à 100 en environ 9 secondes. 190 km/h en pointe. Aujourd’hui ce ne sont pas des chiffres impressionnants. Mais ça vit!! Notamment grâce au bruit d’admission des Weber.