Le pilote italien que la mort a refusé d’emporter… longtemps
Le hurlement des sirènes des ambulances a sorti le quartier de Leipzig Strasse de son habituelle quiétude saturnale. Entre les barres d’immeubles héritées de l’ère soviétique, les secours ont roulé à pleine vitesse en direction de l’hôpital de cette bourgade de l’Allemagne de l’Est, depuis le circuit du Lausitzring. Le silence est retombé maintenant, laissant la symphonie des mésanges se mêler aux pialements des hirondelles profitant des dernières chaleurs de ce début septembre avant leur grand départ vers le sud. Une petite foule de curieux s’est regroupée devant la porte en bois qui ouvre sur les urgences. À l’intérieur, au bout d’un long couloir javellisé, une chambre est plongée dans la pénombre. Sur un lit, un corps, ou ce qui y ressemble, est branché de toute part à des machines qui bipent, soufflent et vibrent en sourdine. La vie ici n’est plus qu’artificielle.


















