Il a couru 146 Grands Prix en Moto2. Sans jamais gagner. Mais assez vite pour exister, assez régulier pour durer, et assez exposé pour ne jamais vraiment être tranquille.
De pilote Moto2 à mannequin, puis rupture
Quand on creuse au delà du paquet de conneries qu'on peut lire sur les réseaux au sujet d'Alex, il y a un moment intéressant dans son histoire.
Ce n’est pas quand il part marcher, mais juste avant. Quand il quitte la moto.
Axel Pons ne disparaît pas du jour au lendemain. Il glisse. Lentement. Il tente autre chose. Le mannequinat. Les shootings. Une autre forme de regard des autres. Un autre décor. Mais toujours la même mécanique : exister dans un cadre défini par quelqu’un d’autre.
Et puis, à un moment, ça casse. Du jour au lendemain, Alex décide de niquer le cadre et tout ce qui allait avec.
Sa transformation visible sur Instagram, entre quête et rupture
À partir de là, son compte Instagram devient un indice sur ce qu'Alex traverse.
Des messages sur l’amour, la conscience, le détachement. Des dessins naïfs, presque enfantins. Une forme de simplicité volontaire.
Mais aussi, par moments, des prises de position plus radicales. Critique des médias, rejet du système, discours qui flirtent avec une vision très dure du monde moderne.
C’est là que beaucoup décrochent.
Ou jugent.
Parce que aux yeux de certains, ce n’est plus une reconversion.
C’est une bascule vers un univers difficile à décoder.
Son parcours à pied, de Barcelone au Pakistan, des milliers de kilomètres pieds nus
Et au milieu de ça, il marche.
Concrètement, Axel Pons quitte Barcelone autour de 2020 et entame un trajet terrestre vers l’Asie, sans itinéraire figé. Il traverse le sud de la France, longe l’Italie, franchit les Balkans, passe par la Grèce et la Turquie, puis poursuit vers l’Iran avant d’être repéré au Pakistan dans plusieurs vidéos devenues virales.
Ce parcours représente plusieurs milliers de kilomètres, probablement entre 6 000 et 10 000 selon les routes empruntées. Des plaines agricoles d’Europe de l’Ouest aux reliefs secs d’Anatolie, des zones rurales iraniennes aux paysages arides du Baloutchistan.
Le tout effectué majoritairement à pied, et surtout pieds nus.
Une quête spirituelle réelle, entre minimalisme et discipline
On peut tourner autour du sujet autant qu’on veut : il y a une dimension spirituelle réelle dans sa démarche.
Refus de la vitesse. Refus de la performance. Refus du regard permanent.
À la place : lenteur, introspection, solitude.
Ses références, parfois, vont vers des courants comme le soufisme, vers des figures comme Rumi, vers une idée simple : se dépouiller pour comprendre. Et Alex applique ce courant de pensées à la lettre. Il incarne dans son cheminement cette logique de dépouillement. Une rare vidéo de lui échangeant avec un motard au Pakistan laisse penser qu'il est complètement en possession de ses moyens. D'ailleurs, interrogé à son sujet, son père, Sito Pons, a pu préciser que cette quête était réfléchie et désirée.
Alors pourquoi son évolution inquiète et dérange
Et pourtant, ça ne rassure pas.
Parce que tout n’est pas limpide.
Certains de ses contenus montrent un rejet global du monde moderne. Une critique parfois floue, parfois excessive. Une vision qui peut basculer dans quelque chose de plus fermé.
Et ça, ça dérange.
Parce qu’on ne sait plus comment le lire.
Ni complètement apaisé.
Ni complètement perdu.
Mais clairement hors cadre.