Et puis il y a l’histoire que même ceux qui n’en avaient rien à foutre du rallye on suivi.
Oui, Mark Thatcher participe bien au Paris–Dakar 1982. Ce n’est ni un suiveur, ni un touriste embarqué dans la caravane. Il est engagé officiellement dans l’épreuve auto, au volant d’une Peugeot 504, avec la copilote française Anny-Charlotte Verney et leur mécanicien.
Mark Thatcher n’est pas un inconnu parachuté là par caprice médiatique. Il a déjà roulé en compétition, notamment en rallye. Il est amateur, clairement, mais pas totalement étranger au sport automobile. En revanche, il découvre le Dakar, et surtout le Sahara, dans ce qu’il a de plus brut.
Autour du 8 janvier 1982, alors que le rallye traverse une zone saharienne extrêmement isolée, leur Peugeot rencontre un sérieux problème mécanique. L’équipage s’arrête, perd le contact avec les autres concurrents, puis ne se présente pas au point de passage suivant.
Au début, rien d’alarmant.
Sur le Dakar, des retards, il y en a tous les jours.
Mais les heures passent. Puis une nuit. Puis une autre. Et cette fois, personne ne les voit revenir.
Rapidement, l’organisation comprend que ce n’est plus un simple retard. L’équipage est porté disparu en course. La zone est vaste, les repères rares, la navigation repose encore sur la carte, le cap et l’expérience. En 1982, il n’existe ni balise satellite, ni suivi en temps réel. Quand un équipage sort de la trace, il peut littéralement devenir introuvable.
La situation change de dimension lorsque l’information remonte jusqu’à Londres.
Mark Thatcher est le fils de Margaret Thatcher, alors Première ministre du Royaume-Uni.
Downing Street réagit officiellement. Margaret Thatcher fait savoir par son entourage qu’elle est profondément préoccupée par la disparition de son fils. La presse britannique s’empare immédiatement de l’affaire. En quelques heures, le Paris–Dakar quitte les pages sport pour s’installer à la une des journaux internationaux.
Des moyens de recherche importants sont engagés. Des avions quadrillent la zone. Les autorités locales sont mobilisées. La course, elle, continue, mais dans une atmosphère totalement différente. Pour la première fois, le Dakar est suivi par le grand public mondial à travers un fait divers, et non plus uniquement par ses exploits sportifs.
Pendant six jours, aucune information fiable ne filtre.
Ni confirmation, ni rumeur solide. Juste une absence.
Finalement, après près d’une semaine de recherches, l’équipage est repéré depuis les airs. La Peugeot est immobilisée, à environ cinquante kilomètres de l’itinéraire prévu. Mark Thatcher, Anny-Charlotte Verney et leur mécanicien sont vivants, affaiblis, mais sains et saufs.
L’affaire se termine sans drame humain, mais avec un impact considérable.
Ce Dakar 1982 vient de démontrer, aux yeux du monde entier, qu’on peut disparaître pendant une course automobile, malgré une organisation, malgré des centaines de concurrents, malgré une médiatisation croissante.
À partir de là, le Dakar ne sera plus jamais regardé de la même manière.