Celle qui a changé à tout jamais la mode dans le cross

Moto
Portraits

Elle vendait des chaussettes dans un coffre. Ils ont changé le visage du motocross.

San Diego. Fin des sixties. Pendant que l’Amérique se met à kiffer le motocross, John et Rita Gregory ouvrent le coffre de leur voiture sur les courses locales et vendent des chaussettes colorées à des types couverts de poussière. Pas de stand. Pas de business plan. Pas d'Insta. Juste la flamme.

Ces deux-là vont fonder JT Racing. Et ils vont comprendre un truc que personne ne capte encore à ce moment : le motocross n’est pas seulement une discipline mais un fucking cool vecteur d'image

JT Racing naît sur les terrains de cross

À l’époque, le paddock américain est brut. Cuir épais. Pantalons raides. Couleurs primaires. On s’habille pour ne pas mourir la tronche dans la terre et le boule en l'air, pas pour être vu. La norme c'est le fonctionnel. 

Le look n’est pas un sujet. Donc personne ne travaille le look.

Et c’est précisément là que JT voit une brèche.

Rita n’est pas styliste mais elle arrive avec du bon sens. Comme le sport se démocratise, ils sont de plus en plus nombreux sur les terrains. Si les pilotes veulent être reconnus, il faut qu’on les distingue. Si un gamin ouvre un magazine, il doit pouvoir identifier son héros en une seconde.

Un équipement, c’est une signature. Et Rita, à ses moments perdus, elle yeute (verbe transitif 1er groupe mais ça marche par au Scrabble) les magazines féminins. Elle va tenter d'introduite les couleurs et les motifs mode sur la matos cross. Comme l'imprimé Dalmatien par exemple (qui n'a rien à voir avec le fait qu'ils kiffaient les iench', ça c'est une grosse légende urbaine de bobos buveurs de matcha'). 

Le premier vrai coup de JT Racing, c’est le nylon.

À une époque où le cuir domine, JT introduit des pantalons plus légers, plus souples, plus modernes. Les pilotes bougent mieux. Ils respirent mieux. Ils ont l’air plus rapides, même à l’arrêt.

Le détail qui change tout : la silhouette.

Tu modifies la silhouette, tu modifies la perception.

Et la perception, c’est le début du marketing.

Puis arrive le deuxième coup.

Habiller les mecs qui gagnent.

Le regretté Marty Smith (un des premiers champion avec une gueule qui disparaîtra avec sa compagne dans un accident de la route) devient l’un des visages de cette nouvelle vague. Double champion AMA 125, jeune, californien, médiatique. Il gagne. Et sur les photos, c’est JT qu’on voit.

Puis dans les années 80, la machine s’emballe. JT Racing devient une marque qui fait gagner.

David Bailey.
Ricky Johnson.
Des rivalités mythiques. Des courses télévisées où l'on repère les looks improbables. Des posters partout.

JT est sur les épaules des vainqueurs. Et là, le paddock commence à ressembler à autre chose qu’un club libertin gay allemand des années 70.

Il devient visuel. Presque spectaculaire. Juste cooooooooo!. 

De la terre aux trottoirs

Quand le BMX explose à la fin des années 70, beaucoup regardent ça comme un truc de gamins. JT y voit un futur.

Même recette.

Des couleurs assumées.
Des graphismes qui claquent.

Le logo quitte les circuits et arrive dans les skateparks. Sur les parkings. Dans les cours d’école.

JT ne vend plus seulement aux pilotes professionnels.
Ils vendent à une génération.

Le motocross n’est plus seulement un sport rural poussiéreux, il devient culturel et dans le même temps, les gamins vont au Lycée avec des casquettes JT Racing. Jackpot. 

JT a amorcé sa renaissance.

Comme dans les années 70, JT est en train de faire son come-back via les terrains poussiéreux. La plupart du temps sur le dos de darons nostalgiques, mais aussi pour saper les trentenaires nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont pas connue, alors qu'ils étaient encore bien au chaud dans les bourses de papa.

La panoplie moustache + vieux trails refaits à neuf à coups de Livret A est complétée par des rééditions de jerseys JT Racing et “c’est OK”, comme dit ma psy à longueur de consultation à 95 boules sa race.

Mais le vrai come-back de JT Racing arrive. Car la marque se vend à prix d’or sur Vinted et des gamins commencent à porter des casquettes Camel en ignorant que c’était un truc marqué sur la drogue préférée de leur arrière-pépé, parti rejoindre les étoiles en toussant.

Parce que JT, c’est ça. Une marque qui s’est un jour échappée d’un coffre de voiture pour permettre à l’individu de répondre à un besoin primaire non listé dans la putain de pyramide de Maslow : être remarqué.

Longue vie à JT Racing USA. Ce n’est que le début de la fin du début et ça fait plais’.


Guillaume

(la dernière photo je l'ai péta sur un forum de discussion. Si vous reconnaissez la personne écrivez nous à hey @ brooapfr)

Si vous souhaitez découvrir ou redécouvrir la marque JT Racing, c'est par ici. 

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https://www.brooap.fr/articles/celle-qui-a-change-a-tout-jamais-la-mode-dans-le-cross

Elle vendait des chaussettes dans un coffre. Ils ont changé le visage du motocross.

San Diego. Fin des sixties. Pendant que l’Amérique se met à kiffer le motocross, John et Rita Gregory ouvrent le coffre de leur voiture sur les courses locales et vendent des chaussettes colorées à des types couverts de poussière. Pas de stand. Pas de business plan. Pas d'Insta. Juste la flamme.

Ces deux-là vont fonder JT Racing. Et ils vont comprendre un truc que personne ne capte encore à ce moment : le motocross n’est pas seulement une discipline mais un fucking cool vecteur d'image

JT Racing naît sur les terrains de cross

À l’époque, le paddock américain est brut. Cuir épais. Pantalons raides. Couleurs primaires. On s’habille pour ne pas mourir la tronche dans la terre et le boule en l'air, pas pour être vu. La norme c'est le fonctionnel. 

Le look n’est pas un sujet. Donc personne ne travaille le look.

Et c’est précisément là que JT voit une brèche.

Rita n’est pas styliste mais elle arrive avec du bon sens. Comme le sport se démocratise, ils sont de plus en plus nombreux sur les terrains. Si les pilotes veulent être reconnus, il faut qu’on les distingue. Si un gamin ouvre un magazine, il doit pouvoir identifier son héros en une seconde.

Un équipement, c’est une signature. Et Rita, à ses moments perdus, elle yeute (verbe transitif 1er groupe mais ça marche par au Scrabble) les magazines féminins. Elle va tenter d'introduite les couleurs et les motifs mode sur la matos cross. Comme l'imprimé Dalmatien par exemple (qui n'a rien à voir avec le fait qu'ils kiffaient les iench', ça c'est une grosse légende urbaine de bobos buveurs de matcha'). 

Le premier vrai coup de JT Racing, c’est le nylon.

À une époque où le cuir domine, JT introduit des pantalons plus légers, plus souples, plus modernes. Les pilotes bougent mieux. Ils respirent mieux. Ils ont l’air plus rapides, même à l’arrêt.

Le détail qui change tout : la silhouette.

Tu modifies la silhouette, tu modifies la perception.

Et la perception, c’est le début du marketing.

Puis arrive le deuxième coup.

Habiller les mecs qui gagnent.

Le regretté Marty Smith (un des premiers champion avec une gueule qui disparaîtra avec sa compagne dans un accident de la route) devient l’un des visages de cette nouvelle vague. Double champion AMA 125, jeune, californien, médiatique. Il gagne. Et sur les photos, c’est JT qu’on voit.

Puis dans les années 80, la machine s’emballe. JT Racing devient une marque qui fait gagner.

David Bailey.
Ricky Johnson.
Des rivalités mythiques. Des courses télévisées où l'on repère les looks improbables. Des posters partout.

JT est sur les épaules des vainqueurs. Et là, le paddock commence à ressembler à autre chose qu’un club libertin gay allemand des années 70.

Il devient visuel. Presque spectaculaire. Juste cooooooooo!. 

JT a amorcé sa renaissance.

Comme dans les années 70, JT est en train de faire son come-back via les terrains poussiéreux. La plupart du temps sur le dos de darons nostalgiques, mais aussi pour saper les trentenaires nostalgiques d'une époque qu'ils n'ont pas connue, alors qu'ils étaient encore bien au chaud dans les bourses de papa.

La panoplie moustache + vieux trails refaits à neuf à coups de Livret A est complétée par des rééditions de jerseys JT Racing et “c’est OK”, comme dit ma psy à longueur de consultation à 95 boules sa race.

Mais le vrai come-back de JT Racing arrive. Car la marque se vend à prix d’or sur Vinted et des gamins commencent à porter des casquettes Camel en ignorant que c’était un truc marqué sur la drogue préférée de leur arrière-pépé, parti rejoindre les étoiles en toussant.

Parce que JT, c’est ça. Une marque qui s’est un jour échappée d’un coffre de voiture pour permettre à l’individu de répondre à un besoin primaire non listé dans la putain de pyramide de Maslow : être remarqué.

Longue vie à JT Racing USA. Ce n’est que le début de la fin du début et ça fait plais’.


Guillaume

(la dernière photo je l'ai péta sur un forum de discussion. Si vous reconnaissez la personne écrivez nous à hey @ brooapfr)

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