La Aprilia Tuono 457 n’est pas née par hasard. Elle repose sur la plateforme inaugurée par la Aprilia RS 457, un projet stratégique pour Aprilia et le groupe Piaggio Group.
Ce que dit la technique, sans poésie
La Tuono 457 reprend le bicylindre parallèle de 457 cc à calage 270°, une architecture qui permet de retrouver une pulsation proche d’un V-twin tout en conservant compacité et coûts maîtrisés. La puissance maximale de 47,6 ch arrive à 9 400 tr/min, avec un couple d’environ 43,5 Nm vers 6 700 tr/min.
La presse spécialisée insiste sur la linéarité de la courbe : pas d’explosion tardive, mais une poussée progressive et exploitable. Le ride-by-wire autorise plusieurs modes moteur et un contrôle de traction réglable, rare à ce niveau de cylindrée.
Autre point salué par des médias comme MCN ou Moto Journal : le cadre aluminium double poutre. Dans un segment dominé par l’acier, Aprilia conserve ici un ADN sportif. Résultat, un train avant précis, une moto qui accepte volontiers d’être placée sur l’angle et un comportement plus rigoureux que la moyenne des 400-500 cc du marché.
La fourche inversée de 41 mm et le bras oscillant asymétrique participent à cette sensation de rigidité maîtrisée. Le freinage, confié à un disque avant de 320 mm avec étrier radial ByBre, est jugé suffisant et progressif.
Avec environ 159 kg à sec, la Tuono 457 se place parmi les plus légères de sa catégorie. Et c’est ce rapport poids/puissance, plus que la puissance brute, qui explique la sensation de vivacité relevée par plusieurs essayeurs internationaux.
De la Méditerranée aux falaises
Pour comprendre cette moto, il faut la rouler.
Départ chez Laurent Lachkar à Cannes.
Cap vers le Var par le massif de l’Esterel, odeur de pin chauffé et asphalte granuleux.
Puis retour par le lac de Saint-Cassien, ruban fluide, courbes ouvertes.
Ensuite, montée vers Grasse, direction le plateau de Caussols et l’Observatoire de la Côte d’Azur, sur le site de Calern. Là-haut, l’air change. La lumière aussi.
Puis la bascule.
Descente par les Gorges du Loup.
Falaises minérales, enchaînements rapides, portions plus serrées en fond de gorge.
La moto ne change pas de ton. Elle s’adapte. Elle enroule. Elle rassure.
Retour vers le littoral.
Cap d’Antibes.
Les Vespérales.
Puis Mandelieu.
Boucle refermée chez Laurent Lachkar.
Et sur tout ce tracé, du niveau mer aux plateaux calcaires, elle ne s’est jamais sentie hors contexte.
La piste bleue après la noire
Il y a une image qui m’est venue en roulant.
Piloter cette Tuono 457, c’est comme quitter une piste noire glacée et engagée pour arriver sur une belle piste bleue parfaitement damée.
D’un coup, tout devient facile.
Fluide.
Naturel.
On se sent presque surdoué.
En perdant 40 chevaux et 40 kilos par rapport à une grosse cylindrée, on ne perd pas du plaisir.
On perd du stress.
On retrouve le travail des trajectoires.
Le placement propre.
Le plaisir d’attaquer un virage sereinement.
Non pas parce que le moteur manque de caractère.
Bien au contraire.
Le twin 457 est présent sur tous les rapports.
Il ne cogne pas.
Il ne surprend pas.
Il ne déclenche pas le syndrome Docteur Jekyll / Mister Hyde dès qu’on va chercher la zone rouge.
Et cette absence de coup de pied au cul brutal… c’est reposant.