Promenons-nous dans les bois pendant que Maurice en envoie
Dans le cadre du Midnight Garage dans le Perche, entre la Brasserie du Perche et les petites routes qui serpentent autour de Mortagne-au-Perche, notre pote Maurice Garage, équilibriste de la mécanique moto, passionné de mécaniques récalcitrantes et dompteur de vieux trails dakarisants, s'est essayé à la Kawasaki KLE 500 millésime 2026. L'homme n'avait jamais vraiment imaginé qu'il puisse exister autant d'années après 1980 en matière de bécanes. Pourtant, il a relevé un défi intéressant : est-ce qu'un trail moderne peut encore faire grimper le palpitant ? Et si oui, à quel prix ? Spoiler : il a aimé. Mais pas forcément pour les raisons auxquelles on pense.

La KLE, c'était autrefois le trail Kawasaki de ceux qui rêvaient d'aventure sans avoir les moyens de traverser le Sahara. Trente ans plus tard, l'esprit est toujours là : une moto simple, accessible et prête à partir voir ce qu'il y a derrière le prochain virage.
Le retour d'un nom qui sent la poussière et les cartes Michelin
Depuis sa présentation, la nouvelle KLE 500 a plutôt reçu un accueil favorable dans la presse spécialisée. Les essais soulignent presque tous les mêmes qualités : un bicylindre souple et volontaire, une partie-cycle rassurante, une position de conduite naturelle et une facilité d'utilisation qui la rend immédiatement accessible.
Avec son bicylindre parallèle de 451 cm³ développant environ 45 chevaux, son poids contenu et sa roue avant de 19 pouces, elle se positionne entre les trails routiers et les aventurières plus ambitieuses. Une moto qui ne cherche pas à impressionner sur une fiche technique mais plutôt à donner envie de rouler.
Et dans un monde où certains trails dépassent allègrement les 25 000 euros et embarquent davantage d'électronique qu'un Airbus, l'approche a quelque chose de rafraîchissant.
Pourquoi Kawasaki revient au format midsize
Le segment midsize est devenu le nouveau terrain de jeu des constructeurs. Les Yamaha Ténéré 700, Honda Transalp, Suzuki V-Strom 800 ou Aprilia Tuareg ont démontré qu'il existait une forte demande pour des motos capables de voyager, s'amuser et sortir occasionnellement du bitume sans exiger le budget ou l'expérience d'un pilote du Dakar.
Kawasaki connaissait déjà bien cette recette. Les anciennes KLE avaient bâti leur réputation sur cette polyvalence avant que le marché ne se laisse séduire par les gros trails routiers.
Aujourd'hui, la marque verte revient simplement à une philosophie qu'elle maîtrisait déjà : proposer une moto capable de tout faire correctement sans chercher à être la meilleure dans un domaine particulier.
L'avis de Maurice
Après plusieurs dizaines de kilomètres de petites routes, de chemins roulants et de pistes forestières, le verdict de Maurice est tombé assez vite.
Ce qui l'a frappé en premier, c'est la facilité générale de l'ensemble.
"Tu montes dessus et tu comprends tout de suite comment ça marche."
Le moteur accepte de reprendre bas dans les tours, la boîte se fait oublier et la position permet d'enchaîner les kilomètres sans fatigue particulière.
Côté finition, il reconnaît que certaines motos plus prestigieuses proposent davantage de raffinement, mais il estime que Kawasaki a trouvé le bon équilibre entre qualité perçue et prix contenu.
Et en tout-terrain ?
Là encore, la surprise est bonne.
Comme l'ont souligné plusieurs confrères de la presse spécialisée, la moto affiche un comportement particulièrement sain hors bitume. Rien d'extrême, mais une capacité à évoluer rapidement sur les pistes qui met immédiatement en confiance.
"Tu sens qu'elle a été pensée pour ça. Elle ne fait pas semblant."
Le syndrome du SUV, mais en mieux
On sait déjà que 80 % des propriétaires seront ravis d'apprendre que la KLE 500 sait parfaitement se débrouiller dans les bois du Comte John de Saint-4h10. Pourtant, c'est probablement sur le bitume qu'elle passera l'essentiel de sa vie.
Et c'est là qu'elle est peut-être la plus convaincante.
Confortable, suffisamment performante, économique et rassurante, elle possède tout ce qu'il faut pour transformer les trajets du quotidien en petites aventures improvisées.
Comme un SUV finalement.
Mais un SUV qui sait réellement quitter le parking du supermarché.
Encore une petite qui a tenu la dragée haute aux grosses cylindrées. Et ça, Maurice ne l'avait pas forcément vu venir.